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Fin de chronique du jeu R.U.S.E.

Votre meilleure arme sera donc la gestion de l’information, des cartes de R.U.S.E. qui vous permettront de l’obtenir, la dévoiler et de la manipuler pour prendre l’ennemi de court ou l’induire en erreur. Un espion pourra partir en éclaireur pour vous donner la nature des unités ennemis, le silence radio vous rendra invisible et le camouflage des bâtiments empêcheront leur destruction. D’autres ruses bien plus perfides seront aussi de la partie, l’inversion de fréquences fera passer un de vos tanks pour de l’infanterie et mettra votre adversaire au dépourvu. L’interception des ordres de mouvements vous laissera le temps d’organiser votre défense et le bluff, sans doute la plus jouissive vous permettra de créer des unités et des bâtiments factices pour envoyer les opposants sur une fausse piste et les prendre finalement par surprises. D’autres capacités plus classiques viendront garnir le tableau comme le blitz qui augmente la vitesse de 50 % ou le fanatisme qui empêcheront les unités ennemis de fuir en cas de bataille désespérée. Vous disposerez donc d’une dizaine de ruses qui à défaut d’être illimitées pourront être combinées pour combler les plus fourbes d’entre vous. Bien que l’on appréciera découvrir peu à peu un nouvel atout à glisser dans sa botte, le mode campagne est pourtant loin d’être exempt de tout reproches. Celle-ci s’avère effectivement extrêmement pénible passé les deux premières heures de jeu.

Vous ne jouerez finalement vraiment à R.U.S.E que pendant les deux dernières missions, tout le reste n’est qu’un gigantesque tutoriel long d’une dizaine d’heures où les nouvelles possibilités sont réparties au compte-goutte. Un apprentissage laborieux qui imposera de jouer quasiment chaque fois avec un seul élément du jeu. On aurait préféré expédier plus rapidement les explications pour batailler dès que possible avec toutes les cartes en main. Ajoutez à cela la lourdeur des cinématiques et l’envie de retourner au menu principal pour tester les autres modes de jeu se fera de plus en plus pressante.

Vous pourrez alors par exemple vous diriger vers le classique mode escarmouche qui s’il ne révolutionnera pas le genre, aura le mérite de vous plonger directement dans l’action avec tous les éléments sans cut-scenes, même si on notera une IA assez prévisible et relativement facile à mettre à mal. Plus intéressant encore, le mode opération jouable en coopération, vous propose une série de défis qui commence généralement d’une situation mal engagée. A vous alors d’utiliser les bons stratagèmes pour retourner la situation à votre avantage, accomplir votre objectif principal et quelques objectifs secondaires par la même occasion. Dommage que la version de base ne contienne pour l’instant que six missions dans ce mode qui se termine bien trop rapidement. Nous étions en droit d’attendre plus de l’aspect solo du titre qui peut paraître un peu limite, mais ne paniquez pas. R.U.S.E tire finalement toutes ses qualités dans l’affrontement des cerveaux humains en multijoueurs qui est, pour aller à l’essentiel l’un des meilleurs dans la catégorie STR. Que vous défendiez votre bifteck en solitaire ou au contraire en coopération, vous devrez d’abord choisir votre camp entre les USA, l’Allemagne, l’Union Soviétique, l’Italie, la Grande-Bretagne ou la France. Chacun dispose d’avantages particuliers, par exemple l’Angleterre possède une plus grande force de frappe aérienne grâce à sa légendaire Royal Air Force alors que la France s’imposera dans le domaine des blindés. Choisissez ensuite votre champ de bataille parmi les 23 maps géantes disponibles toutes paramètrables et la suite s’enchaîne naturellement comme dans tout bons jeux de stratégie.

GAMEPLAY R.U.S.E

Collecte des ressources, mise en place des bâtiments, production des unités et vous êtes parés pour le combat virtuel et une guerre des nerfs réelle. Tel une partie d’échecs, il est primordial de prévoir ses coups à l’avance et d’anticiper les ruses de votre adversaire qui n’hésitera pas à les utiliser tellement elles sont au coeur du gameplay, une condition sinequanone pour obtenir la victoire. D’ailleurs, vous ne gagnerez pas en détruisant les bases ennemis ou en annihilant toutes ses unités comme à l’accoutumée, mais tout simplement en obtenant le plus de points avant la fin du chrono. Les points s’accumulent en détruisant n’importe quel élément du camp adverse, une bonne raison de ne pas laisser trainer une escouade par-ci par-là sans protection. Les victoires vous apportent aussi des points d’expérience qui servent à identifier les joueurs en ligne du même niveau que vous. Au final, toute l’essence de R.U.S.E se trouve dans le mode multijoueurs qui vous fera autant jubiler que vous paniquerez face à de robustes adversaires qui maîtrisent parfaitement l’art et la manière de la perfidie.


Pour finir, sachez que les versions consoles sont légèrement inférieures à la version PC. La jouabilité à la manette est très satisfaisante malgré quelques imprécisions dû à un magnétisme capricieux. En revanche, on notera des temps de chargement longuets, un aliasing plus prononcé, une profondeur de champ moindre, du clipping de textures et un framerate assez lent quand beaucoup d’unités sont sur le terrain. Enfin, 4 joueurs peuvent s’affronter au maximum sur consoles ainsi qu’une limitation de 50 unités et bâtiments contre 8 joueurs sur PC et une infinité d’éléments visibles.

R.U.S.E est donc une très bonne surprise dans le monde de la stratégie en temps réel. Proposant un gameplay classique accompagné de réels innovations il a en plus le mérite de réconcilier le genre STR avec les consoles. On regrettera seulement le pénible mode campagne et ses cinématiques rédhibitoires. Heureusement il ne constitue qu’une infime partie du jeu, l’essentiel se passant dans les confrontations multijoueurs où vous pourrez libérer sans remords l’être pervers qui se cache en chacun de nous.